
Cambodge-2
Chronique 5
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Bonjour tout le monde...et, si je ne vous reparle pas: Joyeux Noël et Bonne année!
Battambang, le 22 décembre 2003
Comment décrire avec des mots tout ce que je vois, expérimente, découvre, ressens depuis quelques jours...ça prendrait un système avancé de télépathie, et encore...
Tout est nouveau, différent, inhabituel, vibrant, choquant (dans le sens de choc), intéressant, captivant, renversant, enivrant...chaque minute, chaque personne, chaque coin de rue, chaque partie de ville ou de pays...
Le Cambodge, c’est surtout le sourire des enfants, et ils sont nombreux (il y a quelques années, 2 millions de Cambodgiens sur les 7 qui formaient alors la population, ont été massacrés...ils sont aujourd’hui 12 millions...). Ils sourient d’un vrai sourire qui fait chaud au coeur, nous envoient la main, nous disent
"hello" et nous font la bise avec leurs petites mains. Comme dirait le Québécois qui était à mes côtés sur le bateau entre Siem Reap et Battambang, on voudrait en mettre 3 ou 4 dans nos valises tellement ils sont attachants!
La dernière fois que je vous ai écrit, je venais d’arriver à Siem Reap. Il s’est déroulé beaucoup de choses depuis...
Le lendemain, j’ai passé la journée avec mon guide, Sok Heng, qui m’a promenée, en moto, d’un temple à l’autre sur le site d’Angkor, en me donnant quelques explications. De 7h00 du matin à 17h30! Quelle journée enrichissante.
Ces temples avaient été construits entre les 9e et 13e siècles mais ils avaient été abandonnés et étaient, jusqu’au début du 20e siècle, je crois, cachés par une abondante végétation. Depuis lors, d’importantes fouilles archéologiques et des travaux de restauration majeurs ont permis de faire renaître en partie ce site d’une richesse culturelle incroyable (les travaux se poursuivent encore...). On essaie d’imaginer à quoi ça pouvait ressembler à cette époque-là!
Sok Heng a 22 ans, a appris le peu d’anglais qu’il sait dans une école privée (d’autres Cambodgiens m’ont aussi dit qu’ils devaient aller dans des écoles privées, dispendieuses, pour apprendre cette langue qui devient, dans plusieurs cas, leur meilleur gagne-pain). Il a emprunté 1 100$ US de la banque pour s’acheter une moto et essaie de survivre en promenant les touristes (à 6$ par jour) et en travaillant pour un « guesthouse », c’est-à-dire en y amenant, presque de force (façon de parler mais c’est un peu comme être pris en otage...gentiment toutefois), les gens qui débarquent des autobus, venant entre autres de Bangkok.
Ce soir-là, j’ai mangé, parlé et écouté la télé avec la famille qui s’occupe du « guesthouse ». C’était très enrichissant car, pendant un moment, on a regardé un concours de danses et de chants traditionnels cambodgiens. J’avais alors droit à certaines explications. Surtout de la part du frère du gérant qui
parle un peu mieux l’anglais que les autres: il suit aussi des cours dans une école privée, 2 heures par jour, en plus de travailler 9 heures par jour, 6 jours par semaine dans un « grand hôtel ».
Avant d’oublier: la monnaie du pays est le RIEL mais la seconde monnaie et la
plus utilisée là où il y a des touristes est le $ US. On peut donc payer en $
US mais les commerçants nous remettent des riels pour la différence. L’autre jour, ça m’a coûté 1 000 riels pour aller aux toilettes!!! Tout un luxe...ahah!...Sérieusement, c’est l’équivalent de 25 sous américains. On obtient environ 3 900 riels pour 1$ US et 3 000 pour 1$ CAD.
Le lendemain, j’ai loué un vélo au « guesthouse » où j’habitais, et j’ai fait le reste en pédalant...le « grand tour », comme ils le nomment, à 26 km. Sans compter les kilomètres pour s’y rendre et pour en revenir. Et il est très peu fréquenté en comparaison du « petit tour » qui a, lui, 17 km.
Je dis qu’il est très peu fréquenté parce que l’engrenage de la chaîne du vélo s’est défait pendant que je roulais sur une route presque déserte. Ce
n’est pas compliqué à réparer sauf qu’ici, à cause de la poussière j’imagine, les chaînes sont entièrement recouvertes. J’ai donc sorti mon canif pour réussir
à défaire une vis qui me donnait alors accès à une très petite partie de la chaîne et j’ai commencé à tenter de la replacer. Une voiture s’est arrêtée en avant de moi et deux jeunes hommes en sont sortis. J’ai vécu un bref moment d’inquiétude...l’espace de quelques
secondes...(nos clichés). Car deux jeunes filles les ont suivis. Est-ce que j’aurais dû être rassurée? J’imagine! Un des deux jeunes hommes s’est emparé de mon canif (ouf)...et, avec les encouragements de ses 3 comparses...a réussi à replacer la chaîne...et m’a remis mon canif...Je ne sais pas s’ils s’attendaient à ce que je leur offre des $$$, je crois que oui car ils étaient en attente, un peu comme les chasseurs qui montent nos bagages à l’hôtel...mais je leur ai tout simplement dit un gros merci! Ils sont donc repartis, et moi aussi.
Je suis revenue à l’hôtel en fin d’après-midi, très heureuse de ma journée, et j’ai acheté un billet pour le bateau qui fait la navette entre Siem Reap et Battambang, où je me trouve en ce moment.
Le taxi, inclus dans le tarif, est venu me chercher à l’hôtel à 5h50 ce matin. Le bateau (pas rassurant...une dizaine de personnes en sont descendues parce qu’elles n’avaient pas confiance et ne se sentaient pas en sécurité) partait à 7h00.
Nous sommes arrivés à Battambang à midi où des minibus nous vantant les services de leurs hôtels respectifs nous attendaient. Donc, transport gratuit et sans aucune obligation. Je me suis retrouvée à l’hôtel Royal, en plein centre-ville, où j’ai négocié une chambre pour 5$ US. Négocié parce qu’il ne restait plus de chambre simple. J’ai donc une immense chambre, avec deux lits doubles et grande salle de bain privée (à l’eau froide cependant...on ne peut pas tout avoir...ahah!...je ne sais pas si je vais m’habituer un jour à prendre ma douche à l’eau froide...brrrr!),
bureau, chaise et téléviseur...Il y a aussi une belle grande fenêtre qui donne à l’arrière où il y a moins de bruit. Battambang compte tout de même 140 000 habitants...et des milliers de motos.
J’aime bien l’endroit car il n’y a pas beaucoup de touristes...donc personne qui essaie de nous vendre quelque chose...Les gens sont contents et souriants de nous voir et nous saluent chaleureusement.
Le trajet en bateau était extraordinairement enrichissant...J’ai pris plusieurs photos mais, si j’avais eu une caméra numérique, j’en aurais pris encore plus...Tous ces gens qui vivent sur l’eau, dans des conditions précaires et qui nous sourient et nous saluent: fascinant! Je manque de mots pour vous raconter.
J’en aurais encore pour des heures...mais voici seulement quelques notes supplémentaires:
1) Il n’y a pas de guichet automatique au Cambodge. On doit donc aller à la banque. J’y suis allée tantôt. Un garde armé d’une mitraillette m’a ouvert la porte (c’est un des pays où il y a le plus d’armes à feu...résidus de la guerre). J’ai eu droit à tout un service cependant: on m’a même offert le thé...wow!
2) Parlant d’armes à feu, j’aimerais rajouter qu’il faut avoir le coeur solide ici car c’est aussi un des pays où il y a eu et reste encore le plus de mines antipersonnelles...(on avertit partout de ne pas sortir des sentiers battus). Il y a donc plusieurs personnes amputées (bras ou jambes) qui quêtent dans les endroits
touristiques...
3) Les jeunes filles conduisent aussi des motos, mais avec leurs talons hauts...Elles sont très jolies,les Cambodgiennes, beaucoup plus que les hommes!
Etc, etc, etc. » |

...Angkor


Affiche dans les toilettes publiques
du site d'Angkor...


Voici une des entrées du temple
Ta Prohm.


Vue de plus près.
C'est un autre temple
d'influence bouddhiste, construit
à la fin du 12e siècle par le roi
Jayavarman VII. Ce fut un des
premiers grands projets de ce roi.


Il n'est que
partiellement nettoyé
des ravages de la jungle...


...qui a bien failli être
la plus forte.


Ce qu'on voit à l'intérieur
des murs.


L'oeuvre du temps est
vraiment
étonnante...


...encore. Je manque de
mots.


Voici Ta Keo, d'influence
hindou cette fois, construit
par Jayavarman V. Ce temple,
dédié à Shiva, fut le premier
à être fait entièrement de
grès.


Voici Thommanon, d'influence
hindou,
construit à la fin du 11e et au début du
12e siècle par Suryavarman II à la même
époque ou presque que...


...Angkor Wat dont la
construction remonte
au début-mi 12e siècle.


On en voit ici
l'entrée
principale.


C'est
le plus grand temple
du complexe d'Angkor.
On voit ici la
seconde entrée
de ce temple
immense.


Angkor Wat est visuellement,
"architecturalement"
et artistiquement à couper le souffle. C'est une
pyramide massive de trois étages couronnée de
cinq tours semblables à des ruches s'élevant à 65
mètres du sol. Angkor Wat est entouré d'un fossé
et d'un mur extérieur mesurant 1 300 mètres par
1 500 mètres. Le temple lui-même a une superficie
de 1 km carré et est constitué de trois étages
surmontés par une tour centrale.


Les murs du temple sont
couverts à l'extérieur comme
à l'intérieur de bas-reliefs et
de sculptures.


En voici un exemple.
Ces bas-reliefs
décrivent des légendes et personnages
de la mythologie hindou ainsi que les
guerres historiques de Suryavarman II.
On peut y passer des heures.


Ici, on a un aperçu des
écritures
khmers.


Voici le vélo que j'avais
loué le second
jour, photo prise devant la porte nord
d'Angkor Thom.


Quelques bas-reliefs de
Preah Khan, temple
d'influence bouddhiste
construit à la fin du 12e
siècle par Jayavarman VII.


Preah Khan est un complexe
"monastique"
ayant originalement servi de monastère
bouddhiste et d'école recrutant plus de
1 000 moines. Pendant une brève période,
il a également servi de résidence au roi
Javayarman VII.


Le temple Ta Som, d'influence
bouddhiste
construit à la fin du 12e siècle par le roi
Jayavarman VII.


Le même temple. On aurait
voulu y
faire pousser de la végétation de
cette façon qu'on n'aurait sûrement
pas eu le même succès!


Eastern Mebon, d'influence
hindou, construit à la fin du
10e siècle par Jayavarman IV.


Pre Rup, datant de la fin
du 10e siècle, d'influence
hindou, construit par
Rajendravarman II. Au
début, on le prenait pour
un temple funéraire mais
il était en fait le temple
d'état du roi.


On voit ici la statue du cheval
Balaha sauvant des marins de
la noyade. On est dans le temple
Neak Pean, d'influence
bouddhiste, construit à la fin du
12e siècle par Jayavarman VII.


Dans le même temple,
une fontaine...


...qui ressemble à ceci
lorsqu'elle est entourée
d'eau. (carte postale)
